S_Beckett_-_Quadrat_1_2


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Quadrat 1 + 2
Samuel Beckett http://www.imdb.com/title/tt0236647/

** no speechs **

Quote:
‘Quad', the first in a series of minimalist experimental television plays made by Beckett in the 1980s for the broadcaster Süddeutscher Rundfunk, operates with a serial game involving the motional pattern of four actors, but equally accommodating four soloists, six duos, and four trios. Four actors, whose coloured hoods make them identifiable yet anonymous, accomplish a relentless closed-circuit drama. Once inside the square, they are condemned to monotonously and synchronously pace the respectively six steps of the lengthwise and diagonal lines it contains, in part accompanied by varying drumbeat rhythms. The mathematical precision and choreography is made possible by the exactness of the timing. Choreographic variation is confined to the number of performers, and the resultant changes in colour constellations. The middle of the square, which is marked by a dot, must always be bypassed on the left-hand side. In the course of the production, the feet leave behind faint traces on the diagonals of the white square. ‘Quad' (...) is, for all its reducedness, the most dramatic of Beckett's last teleplays. The playwright also shot a black-and-white version with four figures dressed identically in white and acting to the beat of a metronome.
Rudolf Frieling

Quote:
Ecrit et transmis par la télévision allemande en 1981, Quad est publié en 1982. Beckett définit l’œuvre comme une « folie télévisuelle », tant il est vrai qu’elle est exemplaire des limites vers lesquelles l’écrivain veut aller : le texte trouve le silence, la caméra épouse une recherche prononcée de l’abstraction.
Quad est le mot tronqué pour quadrat. En effet, la pièce se résume au presque rien de quatre danseurs aux silhouettes analogues. Couverts d’un long manteau à capuche, ils bougent au rythme de percussions le long des côtés d’un carré invisible au sol. Chaque danseur sort pour un moment du noir, suit son parcours et retourne au noir qui l’engloutit. La caméra fixe surplombe l’action des quatre figures qui dure une vingtaine de minutes. Le carré abstrait, les figures analogues, l’absence totale de parole, le mouvement de sortie des danseurs à la lumière et de retour à l’obscurité, sont propres à la dernière esthétique de Beckett, de plus en plus réduite à des idées essentielles. Le retour aux ténèbres, après le bref intervalle sur la scène, est un mouvement qui peut traduire celui de la vie.
Allant encore plus loin dans le dépouillement, Beckett avait ajouté une seconde version en noir et blanc qui éliminait aussi les percussions et où seuls les pas des danseurs devaient être audibles. Le double titre Quad I + II renvoie aux deux versions. La parole se tait, l’image de plus en plus rigoureuse retrouve les formes essentielles tandis que la couleur, d’abord crépusculaire, peut se limiter aux oppositions fondamentales du noir et du blanc.